Marine, une convoyeuse qui fait évoluer les regards en concession

À l’occasion du mois des droits de la femme, rencontre avec Marine, 27 ans, convoyeuse indépendante depuis juillet 2025. Récemment installée à Rouen, cette professionnelle touche-à-tout au parcours polyvalent a rejoint le réseau avec une réelle aisance au volant. Si elle apprécie découvrir de nouveaux modèles à chaque mission, elle a un faible pour la conduite des Cupra, qu'elles soient thermiques ou électriques.

Portrait Marine

L'aventure commence au volant 


C’est au volant de sa propre voiture, lors d'un trajet Blablacar, que Marine découvre le monde du convoyage. En discutant avec l'un de ses passagers, lui-même convoyeur, elle réalise que son goût pour la conduite peut se transformer en activité. Très réactive, elle gère seule ses démarches : « Il m’a expliqué le fonctionnement global de l’activité et en deux semaines, j’avais tout bouclé ».

Aujourd'hui, traverser la France fait partie de son quotidien, comme lorsqu'elle enchaîne un Toulouse-Lille dans la même journée. Pour elle, cette liberté de mouvement est le point fort de son activité : « Je suis quelqu’un qui aime bien voyager... conduire des voitures d'un point A à un point B, c'est agréable, ça rejoint ma passion pour la route. »


« Vous êtes la première ! » : l’automobile change de visage


Dans un réseau où l'on compte encore environ 1 femme pour 10 convoyeurs, l’arrivée de Marine en concession ne passe pas inaperçue. Bien souvent, les équipes la prennent d'abord pour une cliente avant de réaliser qu'elle livre le véhicule. Cette surprise, Marine la vit avec le sourire, y voyant le signe d'un secteur en pleine mutation : « Ca fait 2-3 ans qu'on travaille là, on n'a jamais vu une femme nous déposer une voiture ! » lui disent souvent les concessionnaires.

Loin d'être intimidée par ce milieu traditionnellement masculin, elle s'y est fait une place sans aucune appréhension. Pour Marine, la mixité sur la route est avant tout une question de liberté et de moyens que l'on se donne pour rester indépendante :

  • L’autonomie en trottinette : C'est son outil de liberté pour s'affranchir des contraintes de transport, surtout quand la gare la plus proche est à 10 km : « C’était soit j’achète la trottinette, soit j’arrête ».

  • La maîtrise du temps : En prévoyant systématiquement une marge de 40 minutes, elle transforme la route en un espace serein, sans la pression du retard.

  • L'école du terrain : Elle a su transformer ses premières erreurs de débutante en expertise !

Plus qu'un métier, une quête de liberté et de confiance

Au-delà de la logistique, ce que Marine apprécie, c'est cet équilibre entre la solitude apaisante au volant et la richesse des rencontres. Mais le véritable changement est intérieur : ce métier a été un puissant accélérateur de confiance en soi. Elle ne cache pas que les débuts ont été rudes et qu’elle a failli abandonner.  En observant la réussite des autres, elle s'est convaincue qu'elle en était tout aussi capable.

Aujourd'hui, elle a atteint ce stade où l'on se sent enfin à l'aise. Pour elle, c'est après trois mois de pratique que le déclic se fait vraiment : on maîtrise son organisation, on connaît ses trajets et on profite pleinement de chaque mission.


Désormais, Marine ne se contente plus de rouler ; elle est devenue une véritable ressource pour celles qui hésitent à se lancer. Lors de ses propres trajets personnels en tant  conductrice Blablacar, elle prend le temps de répondre aux questions de ses passagères et de les coacher sur la réalité du terrain. Pour elle, l'automobile n'est plus une chasse gardée, et elle s'attache à transmettre les clés de cette indépendance à celles qu'elle croise sur sa route.

Hiflow

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