Mohamed, le lillois qui a fait de la Belgique son terrain de jeu

Ancien commercial dans le secteur automobile, Mohamed, originaire de la région lilloise, a vu son activité s'arrêter il y a deux ans. Il s’est alors tourné vers le convoyage et a découvert un métier qui colle parfaitement à sa personnalité. « Ce qui fait la différence, c'est d'avoir du temps pour moi. J'aime prendre la route, être en déplacement et éviter la routine », sourit-il. Mohamed a su transformer sa situation géographique en un atout stratégique : aujourd'hui, une bonne partie de son chiffre d'affaires est réalisé de l'autre côté de la frontière, en Belgique.

Portrait Mohamed

Sillonner la Belgique sans perdre de temps 

Pour un chauffeur qui vient d'une autre région, la Belgique, c'est l'inconnu. Mais pour Mohamed, installé à 15 minutes de la frontière, c’est une autre histoire. Son ancienne activité l'amenait déjà à faire le tour des concessions belges : « Ça m'a vraiment aidé ! Je connais les villes par cœur, donc j'arrive à me déplacer super rapidement.

Pour lui, ce pays frontalier offre une vraie souplesse logistique : les distances sont plus courtes et permettent d'enchaîner les courses. Mohamed tourne aujourd'hui à un rythme de deux à trois missions par jour, combinant des livraisons de concessions et des rapatriements de véhicules de location vers des parcs français comme celui de Lille.

Sa grande particularité ? Il effectue tous ses trajets à pied et en transports en commun. « Je n'ai pas de trottinette, je préfère marcher », s'amuse-t-il. Il faut dire que l'axe Lille-Belgique offre de réels avantages, notamment grâce aux accords tarifaires et aux réseaux de transports connectés entre les deux pays. Cela permet de réduire considérablement les frais de route, offrant une organisation simple et économique pour quiconque souhaite franchir le pas.


Zéro stress administratif

Côté paperasse, l'international peut vite faire peur. Pourtant, Mohamed l'assure : travailler avec la Belgique n'a rien d'un casse-tête administratif ou fiscal. Il reste enregistré en France, y paie ses cotisations normalement, et l'application gère tout le reste.

Le seul vrai défi au début a été de réussir à attraper ces fameuses missions belges sur la plateforme. Mohamed a su être réactif : quand il a appris que des missions belges étaient ouvertes aux convoyeurs français, il a immédiatement sauté sur l'occasion en activant le filtre pays sur son application. Un bon réflexe qui a donné un coup d'accélérateur à son activité !

Les petits pièges et bonnes surprises du terrain

Mohamed invite à la vigilance sur quelques règles locales. En Belgique, la vitesse sur autoroute est limitée à 120 km/h et les zones 30 sont particulièrement surveillées. Il recommande également d’être attentif aux feux tricolores : « Le système de passage de l'orange au rouge est un peu particulier. Je me suis fait avoir ! Le radar de feu prend à la fois la vitesse et le feu rouge. »

Et pour ceux qui redoutent la barrière de la langue dans le nord du pays, en Flandre ? Mohamed a trouvé la parade sans devoir apprendre le néerlandais. Heureusement, les documents y sont généralement dans les 2 langues, et pour l'oral, un peu de débrouillardise suffit : « Dans le nord de la Belgique, le français c'est pas trop ça, donc il faut parler anglais, c'est obligé. Tu dis juste "Is the car ready ?" Pas besoin d'avoir une grande connaissance. » Voyager de ville en ville réserve aussi des surprises mémorables : « Récemment, je me suis même retrouvé dans un bureau à Bruxelles à parler portugais avec une secrétaire ! C'est ça la Belgique, c'est vraiment un pays particulier et incroyable. »

Aux convoyeurs de la région Nord qui hésiteraient encore à franchir le pas, il adresse un message simple : « Je leur dis d'essayer, ne serait-ce qu'une semaine, pour déverrouiller les process et les compétences sur l'application. Au début, quand j'ai commencé, il y avait des journées où je ne faisais que 50 € avec un seul trajet. Mais en persévérant, on trouve ce qui nous convient le mieux.»

Un grand merci à Mohamed pour sa bonne humeur, son efficacité et ce précieux partage d'expérience qui donne envie de passer la frontière !

Hiflow

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